Projet de train international SAR LOR LUX via Bouzonville : quelques avancées concédées par la Région Grand Est et le silence assourdissant du Maire de Bouzonville.
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Le train du « Vendredi Saint » est entrée en gare à Bouzonville. Ou plutôt l’une des rames qui rapatrient chaque année des centaines de nos voisins à la traditionnelle grande braderie du même jour. Il m’avait fallu 3 mois d’interventions diverses pour obtenir de la SNCF, avec le soutien des élus locaux, les autorisations de voir circuler un train de voyageurs sur une portion de ligne qui n’en avait plus vu depuis la dernière guerre. C’était en 1998. Et ce train a circulé tous les ans depuis, sauf période COVID. La particularité des 7 allers-retours entre l’Allemagne et la France, c’est que ces trains n’ont jamais été aussi bondés que ce jour : pire qu’un métro aux heures de pointe !
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A l’époque, mon idée était aussi, en tant qu’ancien cheminot ayant débuté ma carrière dans cette gare Mosellane, de lui offrir un avenir… alors que bien d’autres fermaient tour à tour. Car cet événement sporadique avait aussi pour vocation de braquer les projecteurs sur un projet plus ambitieux : la création d’un train international direct reliant Sarrebruck au Luxembourg via Bouzonville. Ces navettes auraient desservi deux bassins de travailleurs transfrontaliers majeurs, côté Sarre et côté Luxembourg. Elles auraient également offert aux villes intermédiaires des fortes perspectives d’expansion.
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Mais malgré l’intérêt indéniable du projet, celui-ci a subi durant un quart de siècle des oppositions viscérales des Conseils Régionaux successifs : Lorraine puis Grand-Est. Et cela malgré un soutien indéfectible des élus locaux franco-allemands et le vote en 2019 d’une motion par 4 communautés d’agglomération de la zone et de nombreuses communes (soit l’équivalent d’une centaine de ville en tout) en faveur de la création d’une liaison Sarrebruck-Dillingen-Bouzonville-Thionville-Luxembourg).
La même année, le président du conseil départemental, Patrick Weiten, se déclarait lui aussi en faveur du projet, et s’engageait à rechercher des sources de financements. Devant les lenteurs du Conseil Régional, il promit de faire diligenter sa propre étude… qui n’a jamais été révélée du la place publique. Opérant enfin un virage à 180 degré, le Conseil Régional valida à son tour une étude, qui fut restituée fin 2025. Problème : cette étude n’a pas porté sur l’itinéraire promu des années durant, mais sur un trajet alternatif via Forbach, Béning, Hargarten et Creutzwald pour rejoindre Bouzonville et au-delà.
Une perspective qui n’est pas dénuée de sens. Car en empruntant ce parcours, le train irriguerait également des gares abandonnées depuis des décennies. Une hypothèse que j’avais moins même proposée… dès 1998 mais avec une condition à la clé. Revenons-en au fameux train du Vendredi-Saint. Celui-ci n’est que le prolongement exceptionnel des dessertes allemandes circulant en voie unique entre Dillingen et Bouzonville… et qui s’arrête à la frontière, à 7 km de la gare. En les prolongeant jusqu’à Bouzonville, ces navettes pourraient donner correspondance au train international SAR LOR LUX passant par Forbach et Creutzwald.
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J’avais donc tenté de sensibiliser des Conseillers Régionaux Mosellans afin qu’ils modifient le cahier des charges de l’étude, afin d’examiner l’ensemble des possibilités de desserte ferroviaire de la zone franco-allemande, y compris donc l’hypothèse des correspondances à Bouzonville. Un seul m’a répondu mais en dégageant en touche sur le sujet. Il y a pire : le projet initial évoquait bien un train DIRECT entre l’Allemagne et le Luxembourg. Or, la Région envisagerait une rupture de charge à Thionville. Voici donc le projet initial dévoyé et mutilé !
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Mais, heureusement la Région l’évoque enfin, même partiellement… jusqu’à avancer une date de réalisation pour 2031. Interrogé ce matin, des cheminots confiaient avoir été sollicités pour étudier les critères de remise à niveau des points d’arrêt sur la ligne, dont les TER ont été supprimés il y a dix ans entre Thionville et Bouzonville. Un rafraichissement sera donc indispensable sur cette partie de ligne pleinement opérationnelle, car parcourue par des trains de fret. La Région devra également évaluer le coût des trains et surtout de leur exploitation.
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Lors de l’accueil en gare de Bouzonville des élus allemands venus en train, il était de tradition que chacun d’eux témoigne officiellement de son intérêt pour le projet SAR LOR LUX via Bouzonville Dillingen. Mais si le maire de la ville allemande de Rehlingen-Siersburg dont la ville est située sur la ligne a évoqué une volonté de voir les navettes du vendredi saint s’étendre en dehors de cet événement, le maire de Bouzonville, quant à lui, n’a pas abordé le projet de train. Un silence particulièrement assourdissant alors que la ligne Dillingen-Bouzonville fête cette année ses 125 ans et que les usagers réclament à cors et à cris la réalisation du projet.
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Cela fait donc 28 années que je me bats pour sa réalisation, et le combat et loin d’être terminé. Mon objectif est inchangé, constant et cohérent : mettre sur rails une relation directe entre la Sarre et le Luxembourg, soit en passant par Dillingen, soit en passant par Forbach Béning et Creutzwald à condition d’offrir à Bouzonville une correspondance avec les navettes en provenance de Dillingen, prolongée pour l’occasion jusqu’à cette gare… comme proposé dès 1998 !
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