Historique du projet de train SAR LOR LUX et du train du Vendredi Saint à Bouzonville

Publié le par Bernard Aubin

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Gare de Bouzonville : le Train du Vendredi Saint et le projet de liaison ferroviaire internationale Sar-Lor-Lux via Bouzonville et Thionville.

Historique

Par Bernard Aubin, initiateur des projets

Plus de 25 années d’interventions pour défendre l’avenir de la Gare de Bouzonville et mettre sur rail une desserte internationale Sar-Lor-Lux via Dillingen et Bouzonville !

 

1992

Premières menaces de fermeture de la gare de Bouzonville. Création d’un partenariat entre élus de Bouzonville et CFTC pour défendre la gare. Des actions sont menées auprès de la Direction SNCF de Metz-Nancy.

 

1997

Nouvelles menaces de fermeture. Nouvelle réaction des élus Bouzonvillois et de la CFTC. Les partenaires considèrent que le meilleur argument contre la fermeture de la gare est de lui affecter de nouvelles missions. Je propose l’idée de développer une nouvelle relation ferroviaire Voyageurs entre Bouzonville et Dillingen (Allemagne) . Ces trains s’adresseraient aux travailleurs transfrontaliers, nombreux dans cette zone. Le Conseil Régional de Lorraine est sollicité pour que soit aménagé en conséquence le schéma multimodal des transports. Sans succès.

 

1998

Élus municipaux et syndicaux décident de prouver la réalité du potentiel transportable. Avec le soutien de la ville jumelée de Rehlingen-Siersburg, qui se trouve sur la ligne, ils affrètent 10 trains spéciaux pour relier Bouzonville et Dillingen le Vendredi Saint, jour de la grande braderie qui réunit plus de 15000 personnes à Bouzonville (3 mois de travail pour obtenir la circulation des trains).

Le Conseil Régional refuse de subventionner l’opération. Pour la première fois depuis 50 ans, des trains de Voyageurs relièrent de nouveau Bouzonville à Dillingen. Le succès médiatique fut sans précédent : 1280 personnes prirent le train ce jour. Le succès économique fut aussi au rendez-vous : l’opération a été entièrement financée par la vente des billets. Les représentants de la SNCF, venus constater l’échec de l’opération, sont repartis amers.

Article du Républicain Lorrain du 5/04/1998 sur le projet de relation Sar Lor Lux :

Sur initiative de la Ville de Bouzonville et de la CFTC, un groupe de travail est constitué en vue de réfléchir et de promouvoir les dessertes ferroviaires sur la zone de Bouzonville – Forbach. La CFTC diligente une étude dénommée « Bouzonville en train ». Celle-ci développe notamment l’idée d’une relation ferroviaire entre la Sarre et le Luxembourg via Bouzonville et Thionville. Le Républicain Lorrain du 9/04/1998 évoque officiellement notre projet.

1999

Sur ma proposition, le groupe de réflexion se transforme en « Comité de Desserte International ». Il suggère 4 hypothèses de desserte de la zone frontalière. Le Conseil Régional de lorraine y est représenté, mais ne semble vouloir concrétiser aucune hypothèse. Sa présence se limite à un rôle d’observateur, voire de contradicteur.

La Vie du Rail 19/09/1999 :

Sur le même sujet, l'article du Républicain Lorrain : 02/1999

 

2000

Le Ministre fédéral des Transports allemand se rend en train spécial à Bouzonville le Vendredi Saint. Il apporte son entier soutien au « Comité de Desserte » et se déclare favorable au développement de nouvelles relations ferroviaires entre Bouzonville et Dillingen. Pourtant, contre toute attente, une étude restituée en novembre plaide en faveur de la création d’une nouvelle desserte Sarrebruck Luxembourg via Metz, alors que le bon sens exigerait que cette circulation passe par Bouzonville, pour irriguer au passage une zone délaissée par le train. Protestations justifiées de plusieurs membres du Comité de desserte…

2001

La navette du Vendredi Saint circulera pour la 4ème fois consécutive. Le succès se confirme d’année en année. A la veille du débat sur la régionalisation des TER, je transmets à l’ensemble des 73 conseillers lorrains un dossier présentant les 4 hypothèses de développement du rail proposées par le Comité de desserte. Le sujet est enfin abordé par quelques conseillers lors de la séance plénière de juin. Pour autant, rien de concret n’en découle.

Le 2 septembre, une grande manifestation est organisée à l’occasion du centième anniversaire de la ligne Bouzonville – Dillingen. 18 trains spéciaux sont mis en marche et transportent des milliers de visiteurs. Les élus locaux, Allemands et Français, plaident tous en faveur d’une meilleure desserte ferroviaire de la zone frontalière. Le vice-président du Conseil Régional déclare, à cette occasion, aux membres du comité de desserte : « je vous apporte mon soutien pour le développement des transports en commun et vous encourage à poursuivre sur cette voie ». La SNCF a refusé de participer officiellement à cet anniversaire.

Une équipe de cheminots bénévoles "rajeunit" la gare en prévision du centième anniversaire de la ligne

2002

L’année commence par une mauvaise nouvelle : le Luxembourg préfèrerait le bus au train pour la nouvelle relation directe Sarrebruck – Luxembourg. L’étude « Bouzonville en train » plaidait quant à elle en faveur d’un train circulant via Bouzonville et Thionville. Celui-ci aurait pu irriguer au passage une zone frontalière à fort potentiel.

En mars, je rencontre le directeur des transports et infrastructures du Conseil Régional et je plaide en faveur des projets du Comité de desserte.

Le Conseil Régional de Lorraine examine la convention Région-SNCF et le développement du rail lorrain : aucune perspective écrite en faveur de l’Est-Mosellan mais un discours d’introduction très révélateur du Président Longuet, qui évoque précisément la situation du bassin houiller et de l’Est-Mosellan. Plusieurs conseillers interviendront en faveur des 6000 travailleurs frontaliers privés de trains.

De son côté, le Directeur de la Région SNCF de Metz-Nancy manifeste clairement à un représentant CFTC son opposition à toute perspective de mise en œuvre d’une relation Bouzonville-Dillingen, position d’autant plus surprenante que la définition des dessertes n’appartient plus à la SNCF depuis le 1er janvier 2002.

Le 9 mars, le Président du Conseil Régional de Lorraine interroge les élus de l’Est-Mosellan sur l’opportunité de mettre en œuvre « une relation ferroviaire Sarrebruck – Luxembourg intégrant Bouzonville et Thionville » avant de s’adresser à Gilbert Philipp, maire de Bouzonville : « on s’intéresse au plus haut niveau à vos projets et à la desserte de la zone frontalière ».

Réaction du maire : « Avant, on était ignoré. Il y a un changement de ton notable sur le plan politique ».

Le 29 mars circuleront pour la cinquième année consécutive, les navettes du Vendredi Saint.

Le Président du Conseil Régional est invité à en découvrir le succès…

2003

L’étude « Bouzonville en Train » est transmise au Président et au Vice-Président du Conseil Régional de Lorraine. Cette initiative ne sera pas suivie d’effet.

ATTENTION, LES STATISTIQUES ET PRIX  DATENT DE 1998, année de rédaction des textes !

 

 

2004

L’attention du Président du Conseil Régional de Lorraine est attirée, dans le cadre d’un courrier, sur la nécessité de consacrer toute l’attention nécessaire au projet à la veille d’une réunion du Comité de Desserte internationale programmée en juin.

2006

Le 17 juillet, Jean-Pierre Masseret, Président du Conseil Régional de Lorraine se rend en mairie de Rehlingen-Siersburg. Devant les élus de cette ville jumelée à Bouzonville et ceux de cette dernière, il évoque la création d’un « dossier commun entre le Land de Sarre et le CR de Lorraine pour déterminer les enjeux touristiques de la ligne Bouzonville-Dillingen » ainsi que la « mise en circulation, à titre expérimental, de 2 allers-retours sur cette ligne par jour le week-end, pendant une année ».

Si nous nous satisfaisons que des décisions concrètes soient désormais entreprises, nous restons relativement circonspects par rapport à l’expérimentation : qui prendrait le train sur un trajet aussi court de plus le week-end ? Nous rappelons que notre objectif est bien la création d’une relation ferroviaire internationale SAR-LOR-LUX qui elle récoltera sans doute un public bien plus large. Au final ni l’expérimentation promise, ni une quelconque étude, ne sera réalisée.

2008

Le 25 mars 2008, le journal gratuit l’Essentiel, qui couvre le Luxembourg, évoque notre projet de relation SAR LOR LUX (Si Bouzonville servait bien plus qu’un jour par an).

Le 19 mai 2008, une conférence sur les transports est organisée au niveau de la Grande Région. Nous en profitons pour relancer notre projet de liaison internationale qui justement couvre les 3 pays concernés.

Dans le cadre d’une interview réalisée par France 3 Lorraine, nous évoquons notre projet. Interrogé à son tour, Jean-Pierre Masseret laisse apparaître un réel agacement face à cette relance.

 

2009-2018

Les trains des Vendredis Saints se succèdent, les élus locaux franco-allemands se rencontrent à cette occasion et manifestent sincèrement le souhait que le projet voir le jour. Les promesses et engagements des institutions supérieures fleurissent mais ne débouchent sur rien !

Retenu par une importante activité professionnelle, je ne suis plus en mesure de consacrer du temps au projet.

Heureusement, de l’autre côté de la frontière, une association allemande de défense du rail a repris le flambeau et défend ardemment le projet. Il s’agit de « Plattform Mobilität » dont l’un des responsables est monsieur Erhard Pitzius.

2019

Le 18 avril, je consacre un historique, sur mon blog, à la situation désespérée de la gare de Bouzonville : Le Train du Vendredi Saint, ou gare de Bouzonville, grandeur et décadence.

Début novembre, à l’initiative de Denis Paysant, le Maire de Bouzonville, une résolution est proposée au vote dans une bonne dizaine de Conseil Municipaux de part et d’autre de la frontière, ainsi qu’à la Communauté d’Agglomération Thionville Portes de France et à l’ « Eurodistrict ». Le projet de relation ferroviaire est soutenu par ces institutions. La résolution est souvent Validée à l’unanimité.

Le 5 juillet, le Républicain Lorrain titre : "Train, pour la réactivation de la ligne transfrontalière". Le Conseil Municipal de Bouzonville a voté à son tour à l'unanimité la résolution qui est sans équivoque sur l'itinéraire du train SAR LOR LUX remise en service de la ligne ferroviaire de la Vallée de la Nied en direction du Luxembourg concerne précisément l’axe Dillingen, Rehlingen-Siersburg, Hemmersdorff, Niedaltdorf, Bouzonville, Freistroff, Anzeling, Ébersviller, Metzervisse, Distroff, Kuntzig, Yutz, Thionville, Luxembourg.

Le 28 novembre, une réunion à l’initiative du parti allemand CDU se tient à Dillingen en présence d’une centaine de décideurs politiques, acteurs et spécialistes du rail (voir RL du 28/11/2019). Le Président du Conseil Départemental de Moselle déclare apporter son soutien au projet de relation ferroviaire international via Bouzonville et Dillingen, s’engage à plaider sa cause auprès de la Région Grand Est et à rechercher un financement. « Cette ligne revêt une dimension économique et sociétale » précise Patrick Weiten. « Il (le projet) s’inscrit dans une stratégie partagée entre la Moselle et la Saar ». Et de surenchérir : « Ce projet est absolument essentiel pour les territoires. C’est une nécessité pour désenclaver Bouzonville. Cette relation est indispensable au sein de la Grande Région. Nous avons une opportunité de faire avancer et de faire réaliser des projets comme celui-là ». voir historique et résumé du projet.

En berne pendant près de 20 ans, le projet connaît un nouveau départ ! Voir l’article du Républicain Lorrain du 7/12/2019 : « Sarrebruck-Luxembourg : remettre le train sur les rails ».

2020

19 février 2020 : en réponse au courrier transmis par Denis Paysant, Maire de Bouzonville, au Président de la Région Grand-Est, celui-ci évacue clairement toute perspective de relation ferroviaire via Bouzonville : « La Ligne Bouzonville-Dillingen ne figure pas parmi les priorités identifiées collectivement par la Région et les Länder pour le déploiement du plan de développement massif de l’offre ferroviaire à l’échéance de 2024. La Région n’a donc pas prévu à court terme de participer au développement de liaisons transfrontalière entre le Land de Sarre et le Grand-Duché de Luxembourg, mais elle consacre par ailleurs des moyens très conséquents pour développer la capacité de transport sur la ligne Metz-Thionville-Luxembourg à court et moyen termes ».

Avril : braderie et trains du Vendredi Saint sont annulés suite aux restrictions imposées par le Covid.

Octobre : le Ministre (Verts) des Transports Luxembourgeois exprime sa farouche opposition au projet de relation internationale via Bouzonville : extrait Wort 5/10/2020 : « Non, François Bausch (Déi Gréng) n'a pas changé son fusil d'épaule. Si le ministre luxembourgeois des Transports reste plus que jamais convaincu qu'un investissement massif dans l'extension du réseau ferroviaire européen demeure un impératif, il ne souscrit pas au projet d'une ligne ferroviaire reliant Luxembourg à Sarrebruck ».

Le 16, l’Eurodistrict rappelle son soutien au projet : Train frontalier : l’Eurodistrict soutient l’idée

Septembre : Patrick Weiten relance l’idée de desserte dans un article du Républicain Lorrain : Vers une nouvelle ligne ferroviaire frontalière en Moselle ?

2021

Avril : comme l’année précédente, le Covid impose l’annulation de la braderie et des trains spéciaux. Le Républicain Lorrain (02/04/2020) le précise dans ses colonnes : Le projet de relation ferroviaire Sarre-Lor-Lux a été lancé il y a plus de vingt ans par Bernard Aubin , secrétaire général du syndicat des cheminots First. Ce dernier observe que « pour la seconde fois consécutive, le train du Vendredi saint ne circule pas pour desservir Bouzonville au départ de l’Allemagne », la grande braderie ayant à nouveau été annulée.

Extrait Article RL : Un projet de ligne ferroviaire directe entre Sarrebruck et Luxembourg

« Ce train, c‘était tout un symbole. Outre le fait qu’il permettait à nos voisins allemands de se rendre à Bouzonville le jour du grand marché (15 000 visiteurs), il avait également pour but de braquer les projecteurs sur l’avenir de la gare de Bouzonville et par extension sur un projet de liaison ferroviaire directe entre Sarrebruck et Luxembourg via Bouzonville, Yutz et Thionville. Un itinéraire aujourd’hui délaissé par le train », ajoute ce passionné.

« Le projet de relation ferroviaire Sarre-Lor-Lux a été lancé il y a plus de vingt ans par Bernard Aubin, secrétaire général du syndicat des cheminots First. Ce dernier observe que « pour la seconde fois consécutive, le train du Vendredi saint ne circule pas pour desservir Bouzonville au départ de l’Allemagne », la grande braderie ayant à nouveau été annulée.

Un projet de ligne ferroviaire directe entre Sarrebruck et Luxembourg

« Ce train, c‘était tout un symbole. Outre le fait qu’il permettait à nos voisins allemands de se rendre à Bouzonville le jour du grand marché (15 000 visiteurs), il avait également pour but de braquer les projecteurs sur l’avenir de la gare de Bouzonville et par extension sur un projet de liaison ferroviaire directe entre Sarrebruck et Luxembourg via Bouzonville, Yutz et Thionville. Un itinéraire aujourd’hui délaissé par le train », ajoute ce passionné ».

Le 2, le site d’information infodujour.fr relate les difficultés rencontrées pour faire émerger le projet de relation internationale : Desserte Ferroviaire SAR-LOR-LUX, le train ou la galère ?

2022 

15 avril retour du train du Vendredi Saint : Après deux années d’absence due au Covid, la braderie et le train du Vendredi Saint sont de retour.

France Info Grand Est y consacre un papier le 14 avril (Le Train du Vendredi Saint à nouveau sur les rails à Bouzonville). LOR’FM et La Semaine annoncent également son retour. 5 allers-retours sont mis en circulation le 15 avril (Vendredi Saint).

France Bleu envoie une journaliste sur les lieux (Grand retour du train du Vendredi Saint à Bouzonville). Une équipe de France 3 Lorraine est également dépêchée sur place, rappelle les origines de la circulation et fait le point sur le projet de relation internationale SAR-LOR-LUX : ICI. A noter le mauvais accueil réservé par la SNCF à ces journalistes (Bouzonville, la SNCF bride les journalistes français).

Dans une allocution prononcée devant la gare, le nouveau maire de Bouzonville, Armel Chabane, annonce la réalisation d’une étude qui sera menée  par le Conseil Régional du Grand-Est.

20 juin, le site « Virgule, » annonce la réalisation d’une étude et détaille l’opposition du Luxembourg à voir les dessertes emprunter l’itinéraire via Bouzonville : Liaison Sarrebruck-Luxembourg : une étude va être lancée.

2023

26 janvier : François Bausch, Ministre des Transports (Verts) Luxembourgeois, se déclare favorable au renforcement des liaisons ferroviaires entre son pays et la Sarre, mais exprime son opposition à un tracé via Bouzonville.

23 février : Le Président du Conseil Départemental et les élus locaux se déplacent en gare de Bouzonville pour soutenir la réouverture de la ligne : Tout-Metz : Liaison SNCF Sarrebruck-Luxembourg via Bouzonville : les élus font monter la pression. Lire aussi l’article du Républicain Lorrain : « La réouverture de la gare de Bouzonville soutenue par le Département et la communauté de communes ».

Mars : Patrick Weiten annonce produire « dans quelques semaines » une « étude de marché » sur la pertinence du projet et tacle au passage le Ministre des Transports Luxembourgeois pour son opposition farouche à une desserte Sarrebruck-Luxembourg via Bouzonville : « je reconnais énormément de qualités à M. Bausch, ma pas celle d’avoir la responsabilité de l’organisation de la mobilité en Moselle ou sur le territoire français » Voir vidéo de La Semaine du 31 mars.

 

Le 4 avril, le Président du Conseil Départemental précise, lors d’une réunion publique, que l’étude sur la relation SAR LOR LUX allait lui être restituée « la semaine prochaine » et qu’elle fera l’objet d’une présentation officielle au Luxembourg le 17 avril 2023.

 

Le 5 avril, le Républicain Lorrain publie l’historique du Train du Vendredi Saint et de la relation SAR LOR LUX (Desserte SAR LOR LUX, après 20 ans, on en est-on ?)

 

Le 7 avril, Vendredi Saint, le train est remis sur rail. France 3 Lorraine (Les infos de France 3 Lorraine) et Moselle TV sont sur place et font le point avec les élus (Reportage de Moselle TV). Le Républicain Lorrain fait état de la rencontre des élus franco-allemands et de la volonté du Maire de Bouzonville de créer une desserte.

 

Le 17 avril, date annoncée pour la publication de l’étude, aucun média ne fait état de l’intervention promise par Patrick Weiten en faveur de la relation ferroviaire. Silence radio depuis mais surtout, il est impossible de mettre la main sur le texte et encore moins d’en connaître les grandes lignes.

 

Le 22 mai, le site d’information virgule.lu évoque à son tour l’ « étude d’opportunité » qui aurait été réalisée par le Département de la Moselle et précise que « les résultats n’ont pas été rendus publics ». Autre problème évoqué : les trains transiteraient par Béning-Creutzwald Bouzonville alors que l’engagement initial pris par Patrick Weiten était bien de les faire transiter par Dillingen et Bouzonville.

 

Le 4 septembre, Patrick Weiten, se référant une nouvelle fois à son étude, se déclare « prêt à financer les infrastructures ferroviaires, même si ce n’est pas de notre compétence ». Mais il cite une nouvelle fois l’itinéraire via Creutzwald et non celui via Dillingen qu’il s’était engagé à promouvoir lors d’une rencontre entre décideurs en 2019.

 

2024

26 mars : toujours aucune trace de l’étude menée par le Conseil Départemental de la Moselle. Seule actualité, la mise en circulation de 7 allers et de 6 retours (au lieu de 5 allers-retours les années précédentes) entre l’Allemagne et la France pour le vendredi Saint tout proche. L’itinéraire est allongé, la gare origine étant Saarlouis et non-plus Dillingen. On peut légitimement s’attendre à ce que le Maire de Bouzonville dévoilât les conclusions lors de son allocution le jour du vendredi Saint !

 

28 mars : ayant reçu une invitation à participer à une réunion électorale lors de laquelle l’ancien Ministre des Transports luxembourgeois ferait un exposé sur la mobilité, je décide de l’interpeller sur les motifs qui l’ont toujours conduit à combattre le projet. Je m’aperçois, au regard de la réponse qu’il me fournit, qu’il ne maîtrise pas le sujet.

 

29 mars : vendredi saint, jour de grande braderie à Bouzonville et de circulation des trains spéciaux en provenance de l’Allemagne. France 3 Lorraine y consacre 2 reportages : ICI et LA. Mais contre toute attente, le Maire de Bouzonville ne délivre aucun élément de l’étude menée par le Département de la Moselle, tout juste y fait-il une brève allusion, comme il y a presque un an jour pour jour. Une attitude difficilement explicable de la part d’un décideur qui se déclare défenseur du projet. Autre question : où est Patrick Weiten ? Sa place n’aurait-elle pas été à Bouzonville pour accueillir des trains qu’il affirmait lui aussi promouvoir ?

 

3 avril : David Valence, ancien Vice-Président du Conseil Régional Grand-Est, réaffirme son opposition viscérale au projet dans une interview accordée à l’hebdomadaire « La Semaine » : « il faut savoir que la Région travaille à la réouverture d’une autre ligne déjà existante et que des questions se posent quant aux capacités d’accueil en gare de Thionville. Une ligne qui est faite pour acheminer des trains de fret, ce n’est pas une ligne qui est faite pour acheminer des trains de voyageurs, il y a des millions de travaux à investir». Ce décideur en profite pour faire la promotion de la concurrence et d’un train privé que la Région envisage de faire circuler sur un itinéraire desservant des flux démographiques moins importants. Ironie du sort, la SNCF réduit la période d’ouverture de la ligne concernée.

 

Mai : Le Bulletin Municipal « Le Goupil » n° 16 fait allusion à l’engagement des élus de Bouzonville et du canton pour la réactivation de la relation ferroviaire Bouzonville-Thionville. A noter que cette orientation diifère d'un soutien en faveur de la relation SAR LOR LUX via Bouzonville. Cette nouvelle variante ajoute une confusion supplémentaire nuisible à l’aboutissement du projet. Une autre référence est faite à l’étude menée par le Conseil Départemental dont personne, à ce jour, ne connaît les conclusions.

 

23 juin : Le Républicain Lorrain annonce que la Région Grand Est a voté le 21 juin une étude concernant une liaison ferroviaire Forbach Thionville via Hargarten et Creuztwald (excluant un examen plus large de la zone frontalière et notamment le prolongement des trains en partance de Dillingen vers Bouzonville). Lire « L’idée d’un train voyageurs Forbach - Thionville relancée par la Région Grand Est ». Cette étude se superpose à celle menée par le Conseil Départemental de Lorraine dont les résultats n’ont jamais été publiés. Je fais part, par mail, de ma désapprobation au Conseil Régional et en avise aussi l’entrepreneur allemand qui souhaitait implanter une plateforme logistique à Bouzonville. A noter aussi que l’article cite la volonté du Maire de Forbach de mener une expérimentation en car sur un itinéraire vers Luxembourg. Ces deux approches paraissent contreproductives.

 

22 juillet : Dans un article intitulé « Desserte SAR-LOR-LUX, l’espoir de rouvrir la gare de Bouzonville »  , le Républicain exprime publiquement mes réserves quant à la nature de l’étude lancée par le Conseil Régional Grand’Est et le fait que la gare de Bouzonville ne rouvrira pas si le train SAR LOR LUX se cantonne à passer par Hargarten et Creutzwald sans donner correspondance aux navettes en provenance de Dillingen. A noter que le titre initial de cet article a été bizarrement changé avant impression papier. A l’origine, le titre faisait allusion à l’éviction de la gare de Bouzonville. L’article a également été publié dans « Le Quotidien » au Luxembourg.

30 juillet : le site virgule.lu annonce la mise en place par la Région Grand’Est d’une liaison entre Forbach et Luxembourg. Elle préfigurerait une hypothétique relation ferroviaire. Je fais part de mes réserves sur cette approche. Lire : « Liaison entre la Moselle-Est et le Luxembourg: un «car express» en décembre, en attendant le train ? ».

26 novembre : lors d’une rencontre avec le public en prévision de la réécriture du Schéma de Cohérence Territoriale du Thionvillois, le Président du SCoTAT s’exprime en faveur du projet de train : « concernant la ligne dont vous parlez, depuis le temps qu’on se bat pour rouvrir cette ligne avec les autorités du Département en faisant pression sur la Région, pour l’instant nous n’avons pas obtenu gain de cause mais je suis d’accord avec vous, ce serait vraiment un atout majeur ». A lire ICI.

 

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5 décembre : Le RL annonce que des cars circuleront dès le 6 janvier entre Forbach et Luxembourg dans le cadre d’une expérimentation qui durera 2 ans pour un coût de 900 000 euros. Il s’agit là d’une initiative clairement anti ferroviaire qui traduit concrètement l’opposition du Conseil Régional Grand’Est au projet de trains SAR LOR LUX.

27 décembre : Le Républicain Lorrain confirme la mise en place du car Forbach-Luxembourg : « En Moselle Est, un car express pour Luxembourg en attendant un train ». Il va de soi qu’avec une telle initiative, la perspective d’une relation ferroviaire SAR LOR LUX s’éloigne encore.

​2025

3 janvier : le Républicain Lorrain évoque une possible réouverture de la ligne Bouzonville-Thionville, conditionnant ce choix avec une expérimentation qui n’a rien à voir avec l’exploitation classique d’un réseau ferroviaire : « à ce titre, elle pense à des lignes secondaires comme le Draisy, un petit train électrique réclamé par les élus locaux qui doit être mis en expérimentation en 2026 entre Bitche et Sarreguemines.... C’est un petit train léger pour les voyageurs, explique la conseillère. Si c’est concluant sur cette ligne, nous pourrions envisager de rouvrir d’autres lignes comme à Bouzonville ». L’article : ICI.

18 mars : la Région Grand-Est confirme, à qui en douterait encore, sa préférence pour le car. Pour séduire la clientèle de ce mode de transport, la Région Grand-Est rend temporairement gratuite sa nouvelle relation routière Forbach Luxembourg jusqu’au 31 mars : « Cette offre promotionnelle permettra d’une part de continuer à faire découvrir l’attractivité de la ligne (rapidité du temps de parcours, gratuité du parking en gare de Forbach, confort des cars…), d’autre part, de fidéliser des usagers qui naturellement auraient, par habitude, opté pour un autre moyen de transport ». Lire l’article dans le RL du 18/03/2025 : « Gratuité au mois de mars sur la ligne de cars Forbach-Luxembourg ».

1 avril : Le site virgule.lu nous informe qu’une une liaison ferroviaire entre Luxembourg et Sarrebourg est au centre des discussions entre le ministre luxembourgeois de la Mobilité, Yuriko Backes (DP), et le ministre sarroi de l’Environnement, du Climat et de la Mobilité, Petra Berg. Le problème, c’est qu’une telle relation ainsi décrite risque de compromettre un itinéraire via Dillingen, Bouzonville, Yutz et Thionville défendu depuis plus de 25 ans !

18 avril : Circulation du Train du Vendredi Saint Dillingen-Bouzonville. Dans son allocution, prononcée devant la gare en présence des élus allemands, le maire de Bouzonville n’évoque aucunement le projet SAR-LOR-LUX… Juste l’hypothétique  remise sur rail des TER Bouzonville-Thionville supprimés en 2016 et sa volonté de maintenir la circulation annuelle du vendredi saint : « Nous devons nous battre pour deux choses, à la fois pour que ces navettes du Vendredi Saint puissent perdurer entre nos deux pays… mais aussi parce que se pose la question plus large de la mobilité sur notre territoire et que nombre d’entre vous attendez avec impatience une réouverture pérenne de la ligne vers Thionville et ainsi vers le Luxembourg » Des propos qui font l’objet d’une douche froide : ICI. Armel Chabane évoque la restitution de l’étude (sur quoi ?) menée par le Conseil Régional le 30 avril, en complément de celle menée par le Département (qui n’a jamais été publiée et qui est inaccessible aux élus des villes concernées).

29 avril : je sollicite le Conseil Régional pour être informé, le moment venu, des résultats de l’étude dont la publication est prévue le 30. Réponse : « pour faire suite à votre demande, la rencontre du 30 avril correspond à la réunion du comité de pilotage, dont l’objectif est de présenter et valider le diagnostic du territoire et des mobilités dans le cadre de la première phase de l’étude en cours sur l’axe ferroviaire Thionville-Bouzonville-Forbach. Une nouvelle réunion du comité de pilotage se tiendra d’ici l’été 2025 pour aborder la seconde phase de l’étude. La restitution complète de l’étude ainsi que les décisions associées sont prévues pour la fin de l’été. Nous communiquerons les résultats à cette échéance ». Pas de restitution le 30 comme annoncé par le Maire de Bouzonville et l’étude écarterait bien le tracé historique via Dillingen !

12 mai : soucieux de faire intégrer l’itinéraire via Dillingen dans l’étude, je sollicite par mail, et dans le cadre d’une lettre ouverte, les Conseillers Régionaux Mosellans ainsi que Président du Conseil Régional Grand Est. Le texte intégral, ainsi que mon positionnement, sont publiés sur le site infodujour.fr : ICI

21 mai : François Grosdidier, Président de l’Eurométropole de Metz, maire de Metz mais aussi Conseiller Général Grand’Est me répond. Il sera le seul mais ne souhaite pas intervenir : « J’ai pris connaissance avec attention de votre message du 12 mai dernier qui porte sur le projet de réactivation d’une liaison ferroviaire entre Bouzonville et Dillingen, et ce dans le cadre plus large de liaisons ferroviaires directes entre Sarrebruck-Thionville et Luxembourg Ville. Ces différents projets n’impactant pas directement le territoire de l’Eurométropole de Metz, je ne souhaite pas m’immiscer dans les échanges qui concernent avant tout les territoires qui sont desservis par les infrastructures ferroviaires susnommées ».

24 octobre : le site d’information en ligne vigule.lu évoque une annonce décisive qui serait faite le 6 novembre et fait un point sur le sujet : « la concrétisation du projet pourrait connaître une avancée décisive dès le 6 novembre ». Lire ICI.

6 novembre : Le Républicain Lorrain donne quelques informations sur le projet : Il titre « vers une réouverture de ligne ferroviaire entre Forbach et Luxembourg-ville à l’horizon 2031 ». Et poursuit : « la ligne ferroviaire entre Forbach et Luxembourg-ville, en passant par Creutzwald et Bouzonville, doit rouvrir à l’horizon 2031, ont décidé les élus dans un comité de pilotage ce jeudi 6 novembre. Le montant des investissements nécessaires pour rénover la voie n’est pas encore dévoilé par la Région Grand Est ». Doit on rire ou pleurer de cette information, qui consacre l’abandon du trajet historique via Dillingen ? Et qui n’évoque en aucun cas la possibilité de prolonger jusqu’à Bouzonville les navettes qui empruntent la ligne  en provenance de cette ville et s’arrêteront toujours à la frontière située à seulement à 7 km ? Et surtout, que penseront les partenaires allemands des villes situées sur la ligne et qui sont à nos côté depuis 1998 ? C’est dégueulasse !

17 novembre : le site virgule.lu confirme la version donnée par le Républicain Lorrain, y ajoutant un autre point de mutilation du projet : notre projet visait bien en la création d’un train direct entre la Sarre et le Luxembourg via Bouzonville et Dillingen. Train direct signifie bien qu’il n’y aurait pas de rupture de charge. Eh bien non ! le Conseil Régional aurait décidé que le train aurait terminus… Thionville, ce qui altère encore un peu plus l’intérêt du projet. L’article : ICI

1er décembre : Le Républicain Lorrain annonce : « La Région Grand Est va rouvrir la ligne ferroviaire entre Forbach et Luxembourg, via Bouzonville et Thionville, à l’horizon 2031. « Cette nouvelle ligne rendra un service aux usagers et permettra de désengorger les routes », affirme le maire de Forbach Alexandre Cassaro. Il poursuit : «Nous défendons depuis dix ans la réouverture de la ligne Forbach-Luxembourg. Nous avons réussi à faire adhérer à ce projet l’ensemble des élus mosellans. La Région l’a étudié et l’a choisi comme le meilleur des scénarios, assume le maire de Forbach Alexandre Cassaro… ». Et se laisse aller à une certaine condescendance à mon égard : «Non seulement ce projet sort de nulle part, mais surtout ce monsieur n’a aucune légitimité ». Un projet qui date de plus de 25 ans, maintes fois relayé par les médias, conforté par l’équivalent d’une centaine de ville en 2019 qui « sortirait de nulle part » ? Pour sa part, Armel Chabane contribue au détricotage du projet comme ses précédentes annonces l’avaient déjà laissé craindre : « Je pense d’ailleurs qu’on doit déjà se concentrer sur les déplacements vers la France et moins sur ceux vers l’Allemagne ». L’article : ICI

7 décembre : Le Maire de Forbach corrige le tir. Le RL titre « Liaison ferroviaire entre Forbach et Luxembourg : « Les portes restent ouvertes avec l’Allemagne ».  A la question posée par une ancien cheminot lors d’une récent COREST  « La ligne ferroviaire ne passe pas par la Sarre, pourquoi ne travaillons-nous pas avec les Allemands, sans Sarrebruck ou Dillingen ? », Cassaro répond : « Tout ce qui permet de travailler en bonne entente doit être bien accueilli, ce projet mérite d’être européen, oui, assure le maire de Forbach… rien ne nous dit que nous ne serons pas rejoints par les Allemands. Ils peuvent financer des études complémentaires. Personne n’y est opposé. Les portes restent ouvertes ». Sauf que deux études ont été déjà menées par la France… pour rien. Car malgré mon alerte lancée par mail aux Conseillers Régionaux Mosellans, l’étude menée par Grand Est s’est cantonnée à examiner l’itinéraire via Forbach au lieu de diagnostiquer l’ensemble de la zone frontalière. L’article : ICI

2026

A venir : la circulation du train du vendredi saint le 3 avril

Rappelons-le, ce train autofinancé est assuré par la DB. Laquelle vend les billets directement à bord. 7 navettes effectueront des allers-retours pour couvrir la journée du grand marché à Bouzonville. Particularité : la première partira de Sarrebruck à 8h03 pour arriver à Bouzonville à 9h06. Cet itinéraire couvre en partie le parcours SAR LOR LUX proposé dès 1998 et validé par l'équivalent de quelque 80 communes de part et d'autre de la frontière. Le retour vers Sarrebruck s'effectuera avec un départ à 18h00 de Bouzonville.

Point historique important : la ligne Dillingen Bouzonville fête en 2016 ses 125 ans !

 

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