Coronavirus : "privilégiés" hier, "exposés" au virus aujourd'hui

Publié le par Bernard Aubin

 

L’Elysée a confirmé hier qu’une « prime de présence » exonérée de charge et d’impôts était à l’étude. Elle serait octroyée aux salariés contraints de poursuivre leurs missions de terrain sans pouvoir télétravailler.

En parallèle, le Président de la République a assuré lundi dans une allocution solennelle que « tout sera mis en oeuvre » pour les « protéger », « quoi qu'il en coûte ». Problème : le pays manque cruellement de masques et de gel hydroalcoolique. Dans certaines entreprises, des pressions inadmissibles sont exercées sur des salariés légitimement inquiets pour leur santé. Le contour des « tâches essentielles » reste flou, les définitions des fonctions concernées sont parfois contradictoires.

On notera aussi que par le plus grand des hasards, nombreux employés « invités » aujourd’hui à poursuivre leurs missions de service public sont curieusement ceux qui ont été hier stigmatisés hier, lorsqu’il s’agissait de réformer leur régime de retraite « que rien ne justifie » ou de rogner quelques modestes acquis. Des "privilégiés" désormais sur le front... Sortez les casseroles, chantez sur les balcons.

La pénurie des masques est le résultat d’économies à la petite semaine. La gestion globale de cette crise sanitaire relève d’un amateurisme coupable. Preuve en est que malgré les alertes, le confinement n’a été décrété qu’au lendemain des élections municipales.

Une fois l’épisode passé, il sera nécessaire d’en tirer les conclusions et surtout de rétablir un minimum de bon sens dans le fonctionnement de l’Etat et de la société toute entière. Le virus s'affranchit de nos certitudes et de nos convictions. Il risque de nous faire payer très cher l’irresponsabilité et le manque de rigueur qui se sont insinués à tous les échelons. Pour tous, dirigeants comme citoyens, il constitue une vraie leçon.

En attendant, salarié, va bosser… Avec ou sans masque, avec ou sans mesure de protection, avec la peur au ventre… Ceux qui seront épargnés par la maladie pourront profiter de leur prime…

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